24 - L’offre de paix 

 
La fin de l'année 1916 vit un événement singulier. Le 12 décembre, l'Allemagne, qui se prétendait victorieuse, se mit à parler de paix. De tout temps, ce sont ceux qui s'avouent vaincus qui demandent la paix. L'Allemagne ne la demandait pas, elle l'offrait, elle proposait " d'entrer dès à présent en négociations... ".

Les Alliés répliquèrent par une fin de non-recevoir, d'ailleurs explicitement motivée.

Le 18 décembre, le Président Wilson adressait aux belligérants des deux partis une note préparée depuis quelque temps déjà, où il suggérait aux nations en guerre d'exposer publiquement les conditions auxquelles elles accepteraient de cesser les hostilités.

La France et ses Alliés répondirent par une déclaration très nette de leurs " buts de guerre ". Destruction du militarisme allemand, restauration pleine et entière de la Belgique et du Luxembourg, de la Serbie et du Montenegro, libération des nationalités opprimées depuis quelque temps que ce soit, telles que l'Alsace-Lorraine, la Pologne, les populations italiennes et slaves tenues sous le joug austro-hongrois, réparation de tous les dommages causés, sûretés pour l'avenir, telles étaient les grandes lignes de cette réponse.

Les Empires centraux et leurs acolytes se contentèrent d'objecter que les " échanges de vues devaient s'effectuer entre les seuls belligérants ". De leurs prétentions, pas un mot.

Il n'y a pas à s'arrêter aux intentions perfides qui inspirèrent la manoeuvre allemande. Le fait est celui-ci : l'Allemagne aurait voulu discuter la paix au lieu de se la voir dicter.